Prospectus for a periodical paper

From Independence of Québec
Revision as of 16:27, 26 January 2010 by Mathieugp (talk | contribs) (Created page with '{{Title|Prospectus for a periodical paper|Pierre-Stanislas Bédard|Québec, November 13, 1806}} For a long time already people who love their country and their government ha…')
(diff) ← Older revision | Latest revision (diff) | Newer revision → (diff)
Jump to navigation Jump to search


Prospectus for a periodical paper
Québec, November 13, 1806



For a long time already people who love their country and their government have quietly regretted that the rare treasure that we have in our constitution1 remains hidden for so long, for lack of using the freedom of the press, whose purpose is to spread the light on all its parts.

This right that an English people has, under such a constitution, to freely express their feelings on all public acts of their government, is the central part of the machine.

The exercise of such a redoubtable censorial power for all those who are responsible of the administration, is what ensures the good exercise of all the parts of the constitution, and especially the precise execution of the laws; this is what the liberty of an Englishman is made of, liberty which is now also that of a Canadian.

This power is so essential to liberty, that the most despotic state where it would be introduced would as a result become a free state; and that, on the contrary, the freest constitution, such as that of England, would suddenly become despotic, solely by the cutting off of this power.

It is this liberty of the press which renders the constitution of England suitable to produce the happiness of the people who are under its protection. All governments must have this goal, and perhaps all would wish to obtain it, but all do not have the means to it. The despot knows the people only by the portrait that his courtiers make of them, and has no other advisers but them. Under the constitution of England, the people has the right to make themselves known by themselves through the means of the freedom of the press, and by the free expression of their feelings, all the nation becomes so to speak the private adviser of the government.

Le gouvernement despotique, toujours mal informé, est exposé sans cesse à heurter maladroitement les sentiments et les intérêts du peuple qu'il ne connaît pas et à lui faire, sans le vouloir, des maux et des violences dont il ne s'aperçoit qu'après qu'il n'est plus temps d'y remédier, d'où vient que ces gouvernements sont sujets à de si terribles révolutions. Sous la constitution d'Angleterre ou rien n'est caché, ou aucune contrainte n'empêche le peuple de dire librement ce qu'il pense, et ou le peuple pense pour ainsi dire tout haut, il est impossible que de pareils inconvénients puissent avoir lieu, et c'est là ce qui fait la force étonnante de cette constitution qui n'a reçu aucune atteinte, quand toutes les constitutions de l'Europe ont été bouleversées les unes après les autres.

La liberté de la presse en faisant connaître le peuple à celui qui gouverne, fait connaître au peuple l'excellence de son gouvernement, et le rend continuellement témoin du bien qu'il lui fait; par la part qu'il prend, il s'y attache et s'y affectionne et le regarde comme à lui; et voilà pourquoi il ne faut pas s'étonner si le peuple qui a une fois joui d'une telle constitution est toujours prêt à tout sacrifier pour la défendre.

La communication continuelle, entretenue par la liberté de la presse entre le gouvernement et le peuple, unit étroitement l'un à l'autre de sentiments, et forme ce tout si désiré, mais si rarement obtenu dans la formation des états.

En un mot, par la liberté de la presse, la constitution d'Angleterre est celle dont on peut dire qu'elle ne craint ni l'œil ni l'observation du sujet.

En représentant continuellement l'intérêt général et entretenant une communication continuelle entre toutes les parties du peuple, la liberté de la presse efface les divisions et les factions qui sont toujours entretenues par le préjugé, qui est lui-même entretenu par l'isolement et le défaut de communication. On ne se hait que parce qu'on ne se connaît pas; tel qui a regardé son concitoyen avec les yeux de ses anciens préjugés, finit par rire de sa simplicité lorsqu'il vient à le connaître.

Mais pour que l'exercice de la liberté de la presse ait ces bons effets, il faut qu'il soit général pour tous les côtés. S'il était asservi à un parti, il aurait un effet tout contraire, il ne servirait qu'à créer des divisions odieuses, à entretenir d'un côté des préjugés injustes, et à faire sentir profondément à l'autre côté l'injustice de la calomnie, sans lui laisser les moyens de la repousser.

Les Canadiens, comme les plus nouveaux sujets de l'empire britannique, ont surtout intérêt de n'être pas mal représentés.

Il n'y a pas bien longtemps qu'on les a vus flétris par de noires insinuations dans un papier publié en anglais2, sans avoir eu la liberté d'y insérer un mot de réponse; tandis que certain parti vantait sans pudeur, la liberté de presse dans les exertions illibérales de ce papier.

Si les Canadiens ne méritent pas ces insinuations, la liberté de presse, à laquelle ils ont droit aussi, leur offre le moyen de venger la loyauté de leur caractère, et de défier l'envie du parti qui leur est opposé, de venir au grand jour avec les preuves de ses avancés.

Ils ont intérêt de dissiper les préjugés qu'entretient ce parti envieux dans l'esprit d'un nombre des anciens sujets de Sa Majesté avec qui ils ont à vivre unis dans ce pays; ils ont intérêt surtout d'effacer les mauvaises impressions que les coups secrets de la malignité de ce parti auraient pu faire dans l'esprit des sujets de Sa Majesté en Angleterre, et peut-être dans celui même de Sa Majesté; et ils y ont d'autant plus d'intérêt que les bienfaits qu'ils ont reçus les rendraient coupables d'ingratitude; et qu'ils mériteraient de perdre ces mêmes bienfaits et les avantages de leur constitution si ces insinuations étaient vraies.

On leur a fait des crimes, on leur en a même fait de se servir de leur langue maternelle pour exprimer leurs sentiments et leur faire rendre justice, mais les accusations n'épouvantent que les coupables; l'expression sincère de la loyauté est loyale dans toutes les langues; celle de la déloyauté, de la bassesse et de l'envie, celle qui sème la division entre des concitoyens qui ont à vivre en frères, déshonorent également toutes les langues. Ce n'est pas au langage, c'est au cœur qu'il faut regarder; celui qui ne s'y sent rien que de loyal n'a rien à craindre.

Fiat justitia ruat caelum.3

Ce sera le motto du papier. LE CANADIEN en sera le nom. C'est celui dont l'honneur est à venger.

Cette publication déjà encouragée par des personnes qui ont à cœur l'honneur de leur pays et le soutien de leur constitution, est offerte aux Canadiens pour les faire jouir de la liberté de la presse. C'est à eux à la soutenir. Qu'ils s'y expriment librement et on les connaîtra tels qu'ils sont.

CONDITIONS.

THE PAPER will contain 4 pages in 4to et sortira tous les samedis à commencer le 22 du présent mois.

Le prix de la souscription sera de dix chelins par an, outre les frais de port qui serait de 40 sols par an. Ceux qui ne retireront pas leur souscription à la fin de l'année seront censés la continuer pour la suivante.

Les souscriptions seront reçues à Québec par CHARLES ROI l'imprimeur du papier, et dans les autres lieux par les personnes dont il sera donné avis ci-après.

Toutes les correspondances seront adressées à l'imprimeur franches de port.


* Il y une boîte ouverte à l'imprimerie pour recevoir les correspondances de ceux qui ne voudraient pas être connus.

Il n'est pas nécessaire d'avertir que rien de contraire à la religion, aux bonnes mœurs ou à l'intérêt de l'État ne sera admis sur le papier.


QUÉBEC: printed and published by CHARLES ROI, November 13, 1806.

Editor's Notes

1. The constitution shaped by the Constitutional Act of 1791.

2. The said paper is The Quebec Mercury. It began publishing on January 5, 1805. It's motto was mores et studia et populos et proelia dicam, a quote from Book IV of Virgil's Georgics which means "Its traits, its bent, its battles and its clans." Today the paper can be consulted online through the Web site of Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

3. Justice be made, though the sky may fall.