User:Liberlogos/René Lévesque in Scotland

From Independence of Québec
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René Lévesque in Scotland



[...] The other side of his liberating demonstration consists in showing that dependent peoples know the same vicissitudes as Quebecers. In June 1975, the occasion is given to him to go to verify his theories in Scotland. The Scottish section of the Times of London invited him as a "separatist" to a symposium on education in Edinburgh, historical capital of this Scotland fallen under the English ferule, in 1707, and whose national language, Gaelic, was lost in the fog of times.

En préparant le texte de son discours, René Lévesque s'inspire du livre Scotland Today pour dresser un parallèle entre l'annexe provinciale de l'Angleterre qu'est devenue l'Écosse et l'annexe française du Canada qu'est devenue le Québec. Même population (5,2 millions et 6 millions). Même émigration massive vers les États-Unis au tournant du XXe siècle pour cause de chômage. Même persistance de traditions spécifiques (loi, religion, système scolaire) et de l'identité nationale, malgré les blessures de la vassalité et de l'assimilation. Même désir aussi de sécession, le Parti nationaliste écossais (SNP), favorable à l'indépendance de l'Écosse, a obtenu 30 pour cent des voix et une minorité des sièges aux dernières élections, comme le Parti québécois.

Les Écossais partagent aussi les frustrations sociales et économiques des Québécois: statut social inférieur aux Anglais, retard industriel de l'Écosse sur l'Angleterre, taux de chômage toujours plus élevé qu'en Angleterre « for some mysterious reason », note René Lévesque en pensant au chômage toujours plus bas en Ontario qu'au Québec et au sous-développement relatif du Québec par rapport à sa riche voisine.

À Édimbourg, les Écossais trouvent le petit homme pugnace « intensely French », même s'il vient d'Amérique du Nord. Il leur lance en guise d'introduction en faisant allusion aux premiers Écossais qui peuplèrent le nord de la Grande-Bretagne avant les Anglais : « En venant ici, je n'ai pu m'empêcher de tirer des analogies entre l'Écosse et le Québec. Votre nation possède des traditions et une longue histoire semblable aux nôtres. Ce sont les Français du Québec qui ont été les premiers colonisateurs blancs en Amérique du Nord, devançant de cinq ans les Pères pélerins américains du May Flower. »

Il fait voir aussi ce qui différencie l'Écosse du Québec. Les Écossais ont troqué le gaélique contre l'anglais, alors que le Québec a conservé sa langue. Ne formant que 10 pour cent de la population de l'Angleterre, les Écossais sont plus minoritaires que les Québécois, qui sont près du tiers de la population canadienne. Enfin, contrairement à l'Écosse qui obéit en tout à Londres, le Québec a un gouvernement et un Parlement qui administrent, font des lois et lèvent des impôts.

René Lévesque se permet de faire la leçon à ses hôtes : « L'Écosse doit aller dans la même direction que nous. Chemin faisant, elle découvrira comme nous que l'appétit vient en mangeant. Une fois qu'on a arraché quelques pouvoirs, le désir d'en avoir plus naît naturellement. »

Ne pouvant résister à l'envie de gaffer comme un certain général, René Lévesque lance un « Vive l'Écosse libre ! » amusé, tout en remarquant que son cri ne provoquera sûrement pas de tempête en Grande-Bretagne car il n'est qu'un petit politicien même pas élu, non un de Gaulle conquérant.

En quittant ses amis écossais, René Lévesque les assure que les Québécois ont « la volonté de devenir indépendants ». Peut-être ces derniers l'ont-ils entendu. Trois mois plus tard, fin octobre, un sondage Crop réalisé à l'échelle de la province place son parti en tête. Pour la première fois de son histoire, le PQ devance les libéraux. [...]

Notes

This is a translated excerpt of René Lévesque, héros malgré lui, a book by Pierre Godin first published in 1997 at Les Éditions du Boréal. This is an original and unofficial translation for this site.

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