The problem of bilingualism in Lituania today

From Independence of Québec
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By Jonas Žilinskas, lecturer at University of Šiauliai, in Lithuania.

Throughout its history, the Lithuanian people and its language have gone through periods of greatness and decline. Since the XIXth century, the originality of the Lithuanian language catches the attention of linguists in the whole world. It was codified at the end of XIXth and the beginning of the XXth century.

During the Sovietic period, the Lithuanian language was replaced by Russian little by little. Russianization was even harder than during the rule of the Russian tsars. One proclaimed a policy of bilingualism which was expressed only by the obligation made to Lithuanians to learn Russian while Russians did not bother to learn Lithuanian. If the written Lithuanian language were more or less protected by writers through newspapers and publishers, the spoken Lithuanian language was degraded. Often, in the institutions, it was only a language of oral communication, the greatest part of technical documentation and correspondence being written in Russian.

School was powerless to opposed the propagation of this false bilingualism. The number of hours devoted to the teaching of the Lithuanian fell, one taught Russian even in kindergartens. The remuneration of Russian teachers for the same number of hours was higher than that of the teachers of Lithuanian. The majority of the textbooks for the other subject matters being taught were translated from Russian to a Lithuanian which was not always correct.

Research by Lithuanian linguists was controlled by "the party and the government" which often saw "premises of nationalism" in them. The majority of scientific domains were completely Russianized: exact sciences, natural science, political sciences, diplomacy, military sciences... Researchers in all fields, Lithuanian ones included, were obliged to prepare and defend their doctoral theses in Russian.

The knowledge of Russian had become a social need and, towards the end of 1980s, there were already approximately 90% of young Lithuanians from 16 to 25 years old who usually spoke Russian. The Lithuanian people became bilingual while the Russian speakers in Lithuania spoke only Russian. This "bilingualism" degraded the phonetics, morphology, syntax and especially the vocabulary of Lithuanian.

Une grande partie des intellectuels lituaniens était toujours préoccupés par ce problème. Cet intérêt s’est manifesté surtout pendant la période du mouvement populaire « Sąjūdis », formé en 1988. C’est la même année, en 1988, que la langue lituanienne acquit le statut de langue officielle, fait qui démarra le processus de reconstitution de la démocratie qui aboutit au rétablissement de l’indépendance de la Lituanie, le 11 mars 1990.

La loi sur la langue officielle adoptée en 1995 changea l’attitude de la population des minorités ethniques en Lituanie envers le lituanien. Cette loi ne réglemente que l’emploi de la langue dans la vie publique; elle oblige les institutions à employer seulement la langue lituanienne pour leur documentation officielle et pour leur correspondance et garantit le droit des citoyens lituaniens à accéder à l’information en langue officielle. Elle ne réglemente pas la communication courante des habitants du pays. Les minorités ethniques apprennent le lituanien avec intérêt, mais elles ont aussi des conditions définies par la législation pour accéder à l’enseignement et aux médias en leurs propres langues. La personne ayant toutes les possibilités pour s’exprimer dans sa langue maternelle, et en même temps maîtrisant la langue officielle du pays, se sentira toujours mieux protégée comme citoyenne et, plus facilement, jouira des droits et remplira les devoirs définis par la Constitution du pays. C’est la composante principale de la politique linguistique de l’État lituanien.

Il y a lieu de distinguer le bilinguisme de l’État et le bilinguisme de la personne. Dans tous les pays démocratiques du monde sont créées les conditions nécessaires pour que toutes les minorités ethniques puissent apprendre la langue officielle du pays et s’intégrer dans la vie sociale et culturelle. En Lituanie, pays unilingue, il s’agit plutôt du bilinguisme de la personne. L’État lituanien continue à créer les conditions du développement de ce bilinguisme personnel à partir de l’école primaire où les enfants des minorités ethniques apprennent la langue officielle et reçoivent une formation socioculturelle. Aujourd’hui, il existe en Lituanie 97 écoles donnant un enseignement mixte de langues (85 écoles bilingues et 12 écoles trilingues).

Sur les plans théorique et pratique, on est en train d’élaborer une nouvelle conception de l’enseignement de la langue officielle dans ces écoles mixtes. Elle sera orientée non seulement vers l’apprentissage du lituanien mais surtout vers la formation du bilinguisme. Cela veut dire que l’objectif des personnes ressortissant aux minorités ethniques sera d’atteindre le même niveau d’usage pratique des deux langues – leur langue maternelle et la langue officielle du pays.

Dans la poursuite de cet objectif, l’expérience des traditions anciennes de bilinguisme d’État et de la personne au Québec nous est précieuse. Une nouvelle attitude envers le bilinguisme apparaît aussi peu à peu dans certains pays d’Europe, par exemple en Angleterre, en Irlande et ailleurs.

On s’inquiète parfois au sujet de l’interférence négative des langues, mais les particularités positives ou négatives du bilinguisme dépendent le plus souvent des méthodes de formation, des situations sociolinguistiques ainsi que de l’attitude de l’État même envers ce problème, et des principes du bilinguisme qu’il définit.


http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/ouvrages/amenagement_hs/ral01_charte_zilinkas_vf.pdf