Gregory Baum on nationalism: Difference between revisions
No edit summary |
No edit summary |
||
| Line 1: | Line 1: | ||
Gregory Baum | Gregory Baum on nationalism by Gérald LeBlanc in La Presse Saturday, February 16, 2002 (http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs/nation-baum.html) | ||
Gérald LeBlanc | ---- | ||
La Presse | |||
Professor Gregory Baum, 78 years old, is one of the rare intellectuals of Quebec to circulate on the two sides of the linguistic border. On the occasion of the publication of his last book, ''Le Nationalisme: perspectives éthiques et religieuses'', our journalist met with him. | |||
Born in Berlin in 1923 of a Protestant father and a Jewish mother, Gregory Baum converted to Catholicism, gave up promising studies in mathematics to become a theologist, took refuge in Canada, where he was initially interned during the war, was a professor for 28 years at the University of Toronto and teaches in Montreal since 1986. | |||
---- | |||
TO BE TRANSLATED | |||
C'est presque injuste de dire son âge, tellement cet homme au sourire inébranlable porte bien les 78 ans qui ne l'empêchent aucunement de donner ses cours à l'Université McGill, de donner des conférences à travers le monde - en allemand, en anglais et en français -, de conseiller les évêques et d'écrire des livres. | C'est presque injuste de dire son âge, tellement cet homme au sourire inébranlable porte bien les 78 ans qui ne l'empêchent aucunement de donner ses cours à l'Université McGill, de donner des conférences à travers le monde - en allemand, en anglais et en français -, de conseiller les évêques et d'écrire des livres. | ||
Revision as of 15:19, 14 August 2007
Gregory Baum on nationalism by Gérald LeBlanc in La Presse Saturday, February 16, 2002 (http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs/nation-baum.html)
Professor Gregory Baum, 78 years old, is one of the rare intellectuals of Quebec to circulate on the two sides of the linguistic border. On the occasion of the publication of his last book, Le Nationalisme: perspectives éthiques et religieuses, our journalist met with him.
Born in Berlin in 1923 of a Protestant father and a Jewish mother, Gregory Baum converted to Catholicism, gave up promising studies in mathematics to become a theologist, took refuge in Canada, where he was initially interned during the war, was a professor for 28 years at the University of Toronto and teaches in Montreal since 1986.
TO BE TRANSLATED
C'est presque injuste de dire son âge, tellement cet homme au sourire inébranlable porte bien les 78 ans qui ne l'empêchent aucunement de donner ses cours à l'Université McGill, de donner des conférences à travers le monde - en allemand, en anglais et en français -, de conseiller les évêques et d'écrire des livres.
Son 21e livre, Nationalism, Religion and Ethics, est en vente depuis peu. C'est un essai sur les conditions requises pour que soit acceptable le nationalisme, cette réalité multiforme, tantôt impérialiste et tantôt anticolonialiste, tantôt libératrice et tantôt destructrice.
Avant d'examiner cet important ouvrage, traduit en français sous le titre Le Nationalisme: perspectives éthiques et religieuses, il faut revenir à son auteur, un homme qui n'a cessé de jeter des ponts entre les religions et entre les hommes, tout particulièrement entre Canadiens et Québécois.
«Tout le monde m'aime, c'est ma névrose», lance-t-il, avec son éternel sourire bon enfant, quand on lui demande comment il fait pour s'adapter sans cesse à de nouvelles idées et à de nouvelles gens.
Depuis 16 ans à Montréal, il est un des rares intellectuels à circuler régulièrement des deux côtés de la frontière linguistique, enseignant à McGill mais collaborant étroitement avec les équipes de la revue Relations et du groupe Justice et Foi. «To my friends at le Centre justice et foi», a-t-il justement dédicacé son dernier ouvrage.
Montréal ou Toronto?
Inutile de demander au jeteur de ponts de choisir entre Montréal et Toronto, les métropoles du Québec et du Canada.
«Quand je suis à Toronto, je suis bien. C'est la même chose à Montréal, car je découvre une ville à travers les amis que je m'y fais. À Toronto, je militais dans les groupes de gauche, la Canadian Civil Liberty Association et le Nouveau Parti démocratique.
«À Montréal, où les francophones m'ont accueilli à bras ouverts, je me suis aussi retrouvé dans les milieux chrétiens de gauche, notamment à la Ligue des droits de la personne et chez les jésuites de la revue Relations.»
Nationaliste à Toronto, Gregory Baum l'a aussi été à Montréal, mais a découvert ici une énorme différence entre les deux formes d'attachement à la nation.
«Mes amis québécois, qu'ils soient libéraux ou péquistes - il ne voit pas de différence fondamentale entre la souveraineté-association et le fédéralisme renouvelé de ceux qui reconnaissent le Québec comme nation - étaient tous nationalistes. Je me suis donc penché sur ce courant, qui a fait tant de mal dans mon pays d'origine. C'est alors que j'ai étudié quatre grands penseurs religieux pour dégager les normes éthiques permettant de se retrouver dans ce courant complexe et polymorphe.»
À Toronto, le nationalisme était, selon le professeur Baum, l'affaire des intellectuels et de quelques politiciens qui voulaient empêcher l'envahissement américain, tandis qu'au Québec c'est un mouvement populaire.
«Le nationalisme québécois est profondément enraciné dans l'expérience d'un peuple, conscient que l'identité partagée par la plupart de ses membres ne trouve pas sa place dans l'espace que lui assigne la fédération canadienne», écrit-il dans l'épilogue de son dernier livre.
Ce dernier chapitre a été ajouté à la demande de l'éditeur pour forcer l'auteur à se situer personnellement et à prendre position dans la lutte nationaliste qui secoue le Québec.
Il en profite pour parler d'un peuple enraciné dans 300 ans d'histoire et désireux d'accueillir les autres comme citoyens à part entière. Un mouvement répondant, selon lui, aux normes édictées par les évêques en 1979 et que nous reproduisons en encadré.
Gregory Baum aimerait mieux que le Québec reste à l'intérieur du Canada, mais aussi longtemps que ce dernier ne pourra reconnaître la nation du Québec -aussi celles des autochtones-, il votera OUI aux référendums sur la souveraineté du Québec.
Les Anglais ne peuvent comprendre
Si les choses semblent si claires et si faciles à comprendre pour un citoyen d'origine allemande ayant vécu 28 ans à Toronto, comment se fait-il que la majorité des Anglo-Canadiens, et même des Anglo-Québécois, ne reconnaissent pas la légitimité des revendications linguistiques et nationales du Québec?
«Les immigrants, écrit-il, savent eux comment fragile est leur langue, mais j'ai découvert que les anglophones, dont la langue permet d'entrer en contact avec le reste du monde, ne saisissent que très difficilement la fragilité des autres langues.» Il ne faut pas, selon lui, y voir de la malice, mais une incapacité découlant du statut de la langue anglaise dans le monde contemporain, pour la première fois un outil universel de communication.
«Il est possible, ajoute-t-il, de déménager à Montréal, d'y enseigner pendant 25 ans dans une université anglophone sans apprendre à parler le français. Ne connaissant pas la langue, ne côtoyant pas intimement les Québécois francophones et ne s'informant pas dans leurs médias, les Anglais ne peuvent pas comprendre l'importance du statut de nation pour les Québécois.
«Je crois, ajoute-t-il, que la plupart des Anglo-Canadiens ne se rendent pas compte qu'en définissant le Canada comme un pays fait de 10 provinces égales, la Constitution de 1982 violait la conscience qu'a le Québec de former une nation distincte.
«À moins d'avoir une expérience personnelle de ce caractère distinct et d'avoir été témoin de la conscience spontanée qu'en ont les Québécois, il est impossible pour le reste du pays de comprendre ce que représente ici le statut de nation du Québec.
«Il est ironique et même dramatique, ajoute-t-il en entrevue, que ce soient des francophones du Québec, d'abord Pierre Trudeau puis Jean Chrétien et Stéphane Dion, qui aient convaincu les anglophones de la justesse de leur vision d'une seule nation au Canada.»
Cette incapacité des Canadiens de se mettre dans la peau des Québécois est devenue tellement évidente pour Gregory Baum et sa femme, originaire de l'Ontario, qu'on évite de parler du Québec lorsqu'on visite la belle-famille.
- * *
- Le nationalisme: perspectives éthiques et religieuses, Gregory Baum, traduction de l'anglais par Albert Beaudry, Éditions Bellarmin, 1998, 196 pages.
- Nationalism, Religion and Ethics, Gregory Baum, McGill-Queen's University Press, 2001, 165 pages.