Quebec's language planning policy: Israeli perspective

From Independence of Québec
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This is an unofficial English translation of "L’aménagement linguistique au Québec : regard d'un Israélien", an article found in a special issue of the OQLF's Revue d'aménagement linguistique published for the occasion of the 25th anniversary of Québec's Charter of the French language in 2002.



By Bernard Spolsky, professor emeritus of English at the Bar-Ilan University and distinguished member of the National Center of Foreign Languages in Washington.

Recently, one of Israel's two English-language daily newspapers, the Jerusalem Post, published in its weekly magazine an in-depth article on the perceived threat that represents, for Hebrew, "one of the noblest achievements of Zionism", the increasingly manifest penetration of English in the sociolinguistic organization of the country. The article brought the attention on the increasing demand regarding the teaching of English: more and more parents in all social layers indeed register their preschool children to private English courses who are expensive and ask for the teaching of this language as of the first school year (Spolsky et Shohamy, 2001). The Israelies strew their speech with English words. English signs are omnipresent. English has invaded universities: even if practically all university courses up to the highest levels are given in Hebrew, most of the manuals of the more advanced levels are in English, as are most publications (and conferences) by university researchers. As, in general, high-tech businesses maintain strong ties with clients and collaborators abroad, English tends to become the language of this field. The presence, and the menace, of English are felt more and more.

In a case where a language like Hebrew, to which one grants a great value at the ideological level, seems threatened from the outside, it is not astonishing that the linguists and personalities under the spotlight are numerous to think of Bill 101 and the methods that Quebec applied in the past twenty-five years to reverse the trend towards English. Periodically, Israeli politicians present bills to proclaim Hebrew the sole official language of the country. Presently, Hebrew shares this title with Arabic only, because a measure was taken soon after the foundation of the State, in 1948, to modify the British policy, which imposed three languages, and gave up English. The last attempt at giving a judicial protection to Hebrew goes back to December 2000: two bills were then rejected.

The article of the Jerusalem Post mentions that the Quebec law limits the contents which can be broadcasted in English on television and radio and requires that, on a poster, the size of the letters for French words be twice as important than that of the words in another language, and finally evokes the "police force of the language" of Québec1. The article then points out that a militant attitude does not attract many supports in Israel. It quotes the president of the Academy of the Hebraic language, professor Moshe Bar-Asher, who is opposed to legislative interventions to defend the language. He estimates that coercion is likely to produce undesirable results and that the problem is cultural rather than legal. It nevertheless remain that, a few years ago, the Academy protested before the Minister of Education against a plan aiming at adding one hour of English course in certain schools.

The reluctance to follow the Quebec model deserves a closer look. Hebrew is probably a unique example of the successful revitalization and revernacularisation of a language which had not been spoken nor transmitted from generation to generation for nearly 2000 years (Spolsky and Shohamy, 1999). In 1890, the first middle Hebrew schools open in a handlful of Jewish agricultural colonies in Ottoman Palestine. Twenty-five years later, Hebrew is so well established as the public language of the Jewish community of Palestine that a proposal aiming at making German the language of use in the sciences courses of a projected institute of tertiary technology was demolished. Hebrew was really the fundamental symbol of the revival of Jewish nationalism, and its rebirth was a centre piece of the Zionist ideology. In the first years of the British Mandate, and especially from 1923 to 1936, an energetic campaign in favour of Hebrew was carried out in the Jewish community of Palestine against its two principal enemies, Yiddish and English. The British government placed education in the hands of communities: the Arabs used Arabic in their own schools and the Jews employed only Hebrew in their schools and universities.

To be translated

Après la proclamation de l’État en 1948, la population juive, qui parle principalement l’hébreu, est à maintes reprises submergée par des vagues d’immigrants ne parlant pas cette langue. L’hégémonie idéologique hébraïque est suffisamment forte pour résister à la pression, et la plupart des immigrants passent à l’hébreu. Dans les dernières années, toutefois, de nombreux changements importants ont eu lieu. Le premier est certainement l’affaiblissement graduel de l’idéologie sioniste : bien des gens affirment que nous sommes maintenant dans une période post-sioniste. Le deuxième, c’est la pénétration de l’anglais associée à la mondialisation : radio et télévision, commerce international, tourisme, univers numérique mondial. Le troisième est lié à la nature de l’immigration plus récente. Les immigrants de langue anglaise qui sont arrivés en masse dans les années 1970 sont venus par choix, amenant avec eux une langue, une culture et des compétences très valorisées. Pour la première fois, un groupe d’immigrants parle une langue pouvant se réclamer d’un statut plus élevé que l’hébreu. Le démantèlement de l’Union soviétique a amené une vague de 800 000 immigrants de langue russe, eux aussi convaincus de la grande richesse de leur langue et de leur culture, qui se sont construit une vie culturelle parallèle fondée sur le russe. Les enfants d’immigrants de langues anglaise et russe apprennent à parler couramment l’hébreu (Donitsa-Schmidt, 1999), mais ils conservent souvent, comme leurs parents, un bilinguisme satisfaisant ou ajoutent l’anglais, très recherché professionnellement (Kheimets et Epstein, 2001), qui menace l’unilinguisme hébreu. Dans les dernières années également, nous sommes devenus plus sensibles à l’importante minorité de langue arabe, qui parle cette langue à la maison et dans la communauté (Amara, 1999). D’autres groupes ethniques importants conservent aussi leur langue : les sectes hassidiques, qui s’emploient à rétablir le yiddish comme langue des enfants (Isaacs, 1999), les récents immigrants juifs d’Afrique du Nord, qui ont vécu en France assez longtemps pour développer un attachement au français (Ben-Rafael, 1994), un important groupe d’Éthiopiens dont l’intégration a été extrêmement lente, et plusieurs centaines de milliers de travailleurs étrangers non juifs originaires d’Afrique, d’Asie, d’Europe de l’Est et d’Amérique latine, qui continuent de vivre en communautés fermées, mais dont les enfants entrent graduellement dans le système scolaire.

Bien que la politique officielle du ministère de l’Éducation (Ministère de l'Éducation, 1996) soit favorable au maintien de la langue des immigrants et des langues ethniques, en pratique, la langue d’usage dans les écoles des enfants juifs est l’hébreu moyen; l’anglais est la principale langue étrangère à y être enseignée et l’arabe fait l’objet de timides tentatives. Dans les écoles arabes, que fréquente environ 20 % de la population israélienne, l’arabe est la langue d’enseignement, et on y enseigne l’hébreu et l’anglais. La seule véritable exception, ce sont les nombreuses écoles communautaires qui, en après-midi, enseignent les mathématiques et la littérature russe aux immigrants de l’ex-Union soviétique.

On peut donc dire que, dans ce contexte de pluralisme grandissant, le multilinguisme est de plus en plus accepté et qu’il y a une nette ouverture aux autres langues que l’hébreu. Pour les puristes et ceux qui tiennent à l’ancienne idéologie, ces changements ne sont pas positifs et semblent faire peser une lourde menace sur l’hébreu. Personne ne croit que cette langue va disparaître, car toutes les études montrent que la deuxième génération de tous les groupes d’immigrants parle l’hébreu et que la transmission de l’hébreu d’une génération à l’autre est assurée. La revitalisation et la revernacularisation de l’hébreu sont choses faites (Spolsky et Shohamy, 2000). Ce que craignent toutefois bien des gens, c’est que l’hébreu soit écarté de fonctions et de domaines importants. Autrement dit, ils ont peur que l’hébreu soit relégué au statut qu’avait auparavant le yiddish, celui d’une langue parlée à la maison. Tout comme dans le shtetl traditionnel de l’Europe de l’Est, où l’hébreu-araméen était la langue de l’alphabétisation (Weinreich, 1980), ils craignent qu’un jour l’anglais remplace l’hébreu dans une société diglossique. Nul doute que ces inquiétudes apportent de l’eau au moulin de ceux qui désirent imiter le modèle d’aménagement linguistique québécois.

Fait intéressant, un groupe minoritaire a emprunté la voie juridique non pas pour défendre la prépondérance de l’hébreu, mais pour l’attaquer. Depuis maintenant plusieurs années, une petite organisation de défense des libertés civiques arabes, Adalah – The Legal Center for Arab Minority Rights, essaie d’établir l’interprétation de la loi linguistique en tentant d’inclure l’arabe dans l’affichage public. Son premier geste a porté sur les plaques indiquant les noms de rue à Haïfa, rédigées en hébreu et en anglais. Sans qu’il y ait décision du tribunal, la municipalité d’Haïfa a accepté d’ajouter l’arabe. L’organisation a ensuite mis en cause un règlement municipal de Nazareth exigeant la présence de l’hébreu dans tout affichage public. Le tribunal a conclu, en dehors de toute référence au statut officiel de l’arabe, qu’un annonceur avait le droit d’apposer une affiche dans n’importe quelle langue. Ce n’est que récemment qu’un tribunal a reconnu une demande voulant que l’arabe figure sur tous les panneaux routiers. La réticence des tribunaux à s’en remettre à la loi linguistique s’explique par leur tendance à privilégier les droits de la personne plutôt que les droits collectifs, qui protègent une langue contre ceux qui ne veulent pas la parler. La stratégie d’Adalah risque toutefois de produire un effet inverse : alors que s’amorce un débat sur l’identité nationale, les nationalistes ont encore une chance de gagner.

La réussite de l’hébreu est attribuable essentiellement à un mouvement populaire. À un stade critique de son développement, ses défenseurs ont convaincu le gouvernement britannique et la Société des Nations d’inclure l’hébreu parmi les langues officielles de la Palestine mandataire. Sa primauté idéologique était bien implantée au moment de la création de l’État; ainsi, bien que l’Académie de la langue hébraïque ait été fondée, le besoin d’une protection juridique de la langue ne s’est pas fait sentir. Même si Israël et le Québec semblent avoir un ennemi commun, leur situation est tellement différente que l’aménagement linguistique québécois n’a pas eu d’influence marquée en Israël.

Bibliography

  • AMARA, Muhammad Hasan (1999). Politics and Sociolinguistic Reflexes : Palestinian Border Villages, Amsterdam et Philadelphie, John Benjamins Publishing Company.
  • BEN-RAFAEL, Eliezer (1994). Language, Identity and Social Division : the Case of Israel, Oxford, Clarendon Press.
  • DONITSA-SCHMIDT, Smadar (1999). Language Maintenance or Shift : Determinants of Language Choice among Soviet Immigrants in Israel, Unpublished Doctoral Thesis, University of Toronto, Toronto.
  • ISAACS, Miriam (1999). "Contentious partners : Yiddish and Hebrew in Haredi Israel", in International Journal of the Sociology of Language, issue 138, p. 101-121.
  • KHEIMETS, Nina G. and Alek D. EPSTEIN (2001). "The role of English as a central component of success in the professional and social integration of scientists from the former Soviet Union in Israel", in Language in Society, no 30, p. 187-215.
  • MINISTY OF EDUCATION, CULTURE AND SPORT (1996). Politique pour l’enseignement des langues en Israël (in Hebrew), Jerusalem, Bureau du directeur général.
  • SPOLSKY, Bernard and Elana SHOHAMY (1999). The Languages of Israel : Policy, Ideology and Practice, Clevedon, Multilingual Matters.
  • SPOLSKY, Bernard and Elana SHOHAMY (2000). "Hebrew after a century of RLS efforts", in Joshua A. Fishman (ed.), Can Threatened Languages be Saved?, Clevedon, Avon, Multilingual Matters Ltd, p. 349-362.
  • SPOLSKY, Bernard and Elana SHOHAMY (2001). "The Penetration of English as language of science and technology into the Israeli linguistic repertoire: a preliminary inquiry", in Ulrich Ammon ed.), The Dominance of English as Language of Science : Effects on Other Languages and Language Communities, Berlin, Mouton de Gruyter.
  • WEINREICH, Max (1980). History of the Yiddish language, (Fishman & Shlomo Noble Joshua A, Trad.), Chicago, University of Chicago Press.

See also

Notes

1. It should be noted that the case of a Quebec casher butcher who, a few years back, would have been given some troubles because of a Hebrew poster, is often cited in Israel.

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